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Interview inédite de John Frusciante (2009) par Nicolas le 2012-05-22 22:42:00

Interview tirée du livre “Feeding Back: Conversations with Alternative Guitarists from Proto-Punk to Post-Rock”, de David Todd. Il contient 25 interviews de guitaristes qui n’ont pas eu peur de repousser les limites, d’oser, de briser les règles et d’en inventer de nouvelles, d’innover, d’inventer. Naturellement, John fait partie de ces gens et son chapitre s’intitule "The Radiant Guitarist". Voici un extrait de l’interview, fait approximativement vers la seconde moitié de 2009 ce qui en fait la plus récente interview faite avec John.



DT: Mon autre question au hasard concerne Niandra Lades. J’ai entendu dire que tu aurais plus ou
moins renié cet album, est-ce vrai ?


JF: Non, je pense que c’est un album brillant. Je n’ai jamais voulu dire quelque chose comme ça. J’ai laissé s’épuiser mon second album. Ce n’est pas parce que je ne l’aimais pas, c’est juste qu’il effrayait vraiment les gens et qu’à l’époque, j’avais une vision de moi faisant plus de disques, alors j’ai voulu recommencer à zéro. Je ne voulais pas que les gens aient peur de moi ! [rires] Maintenant, ce que les gens peuvent penser m’importe peu; j’ai n’ai jamais voulu créer quelque chose juste pour créer quelque chose, tu vois? Je ne le fais que si je me sens prêt à le faire. Ces premiers albums solo ont vraiment été une chose naturelle, ils signifiaient beaucoup pour mes amis et moi quand je les ai fait. À ce moment, j’étais dans une optique de "Je ne vais pas enregistrer cette musique” et c’était juste choquant de voir à quel point mes sentiments à leur propos ont changé. J’ai voulu les laisser entrer dans les consciences des autres. Après avoir fait de la musique en public pendant 20 ans, j’ai peu à peu créé de bons rapports avec ces choses-là alors je sais comment ne pas laisser les gens s’immiscer sur ce que je fais. C’est comme avec mon dernier album, je l’ai sorti bien après qu’il soit fini parce que j’aimais m’assoir avec mes amis et l’écouter. Je ne voulais pas le lâcher, mais quand il m’a semblé qu’il avait fini sa course, il était alors temps que d’autres personnes l’aient.


Mais tu sais, ça arrive a beaucoup de gens; comme Captain Beefheart, il est allé dans une sorte de direction complètement folle pendant un moment, quand il a fait des albums franchement boiteux, droits, commerciaux. Et je me rappelle qu’il ait dit qu’il était fatigué de faire peur aux gens, tu vois? Et c’est dommage mais c’est cela être un être humain. Je ne crois pas que les artistes devraient être menés par l’opinion publique; je pense que ça relève de notre droit d’exprimer ce qu’il y a à exprimer. C’est quelque chose contre laquelle je lutte, parce que la différence entre faire de la musique pour soi et faire de la musique dans le but de la réaliser, c’est que les spectateurs rajoutent un niveau d’intensité, ce sentiment de "marche-ou-crève" que tu n’aurais pas si tu étais juste assis dans ta chambre. Mais je pense qu’en général, si tu conçois la musique comme une entité vivante, les choses qui devraient la rendre motivante et la faire grandir -si l’on voit la musique comme une forme d’art à faire
grandir- devraient toujours être assez intérieures pour s’occuper de ta propre relation avec les forces créatrices de l’univers, et ne devraient rien avoir à faire avec ce que les gens vont en penser.

 

Traduction:Bonjour (Benjamin Gabriele)

 

Source article: http://invisible-movement.net/2012/05/feeding-back-frusciante-interview-excerpt-david-todd



Interview inédite de  John Frusciante (2009)

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